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Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les troubles bipolaires figurent parmi les dix principales causes de handicap et d'incapacité fonctionnelle à l'échelle mondiale. Touchant entre 1 et 2,5 % de la population sans distinction de genre, cette affection psychiatrique chronique et sévère se caractérise par une rupture pathologique de la régulation de l'humeur. Malgré sa prévalence, le retard diagnostique reste majeur, s'élevant en moyenne à 8 ou 10 ans après l'apparition des premiers symptômes, généralement situés entre 15 et 25 ans. Ce délai critique aggrave considérablement le pronostic social, professionnel et vital des patients, matérialisé par un risque suicidaire 15 fois supérieur à celui de la population générale.
Objectifs et Contenu : Ce cours a pour objectif de fournir aux étudiants une méthode d'orientation diagnostique rigoureuse en s'appuyant sur les critères internationaux du DSM-5. L'enseignement s'articule autour de la distinction sémiologique fine des différents épisodes thymiques et de la compréhension des modèles physiopathologiques actuels.
Le contenu pédagogique est divisé en trois axes principaux :
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La nosographie moderne : Différenciation entre le trouble bipolaire de type I (caractérisé par au moins un épisode maniaque franc avec rupture du fonctionnement), le type II (combinant épisodes hypomaniaques et dépressifs majeurs) et la cyclothymie (forme atténuée mais persistante sur plus de deux ans).
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La sémiologie clinique différentielle : Analyse comparative des phases aiguës. L'épisode maniaque (durée minimale de 7 jours) se définit par une euphorie majeure, une fuite des idées, une logorrhée et une désinhibition comportementale à haut risque nécessitant souvent une hospitalisation. À l'inverse, l'épisode hypomaniaque (durée minimale de 4 jours) présente une symptomatologie atténuée sans désorganisation globale. Enfin, l'épisode dépressif (durée minimale de 14 jours) plonge le patient dans une douleur morale profonde et une anhédonie marquée.
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Les fondements neurobiologiques : Exploration d'une physiopathologie multifactorielle à forte héritabilité (60 à 80 %). Le cours détaille l'hypothèse monoaminergique (hyperactivité dopaminergique en phase maniaque, déficit sérotoninergique en phase dépressive), les anomalies de la plasticité synaptique liées au glutamate, ainsi que les avancées récentes sur la neuro-inflammation de bas grade et la dysrégulation de l'axe du stress.